mardi 26 juillet 2016

Le château de Fontainebleau, la vraie demeure des rois



Un château ! Un château ! Je suis toujours en joie quand je sais que je vais voir un château, même si j'y suis déjà venue plusieurs fois, car il y a des endroits dont on ne se lasse jamais. Et parmi eux, il y a ma visite de début juillet : le château de Fontainebleau. Une histoire aussi riche, des décors somptueux, où l'on passe d'une époque à une autre sans vraiment comprendre la logique, mais où l'on s'émerveille à chaque fois. Et quand, en plus, je peux enfin faire la visite guidée tant attendue, jackpot assuré. Je vous emmène dans la demeure des siècles, suivez moi …


Fontainebleau et moi, c'est une jolie petite histoire qui dure depuis plusieurs années, quand j'y ai mis les pieds la première fois dans ma vie d'adulte. J'avais été fascinée par sa beauté, mais aussi stupéfaite par cette architecture sans queue ni tête, je l'appelle le château de fou, car tous les rois ont apporté leur patte, ce qui donne une chapelle Louis XIII à côté de la Galerie François 1e, la chambre de Marie-Antoinette non loin de celle de Napoléon Ie … Cet éclectisme témoigne des passages des rois de France, du Moyen Âge au Second Empire. Et quand j'ai découvert qu'il y avait des petits appartements en visite guidée, j'ai voulu les faire. J'ai essuyé trois ou quatre échecs, alors cette fois avec Emma (de Vague Culturelle), on a vu les choses en grand : y aller à l'ouverture et être les premières à l'inscription ! Une fois cette étape réussie, nous avons pu visiter tranquillement.

Mais d'où sort ce château, et qu'y a t'il à voir ? Je vous en parle plus en détail avec grand plaisir !

Historique du château


On remonte à loin l'histoire de Fontainebleau. On sait qu'il y avait un édifice sous Louis VI le Gros au 11e siècle, confirmé par une charte de Louis VII en 1137. L'unique vestige médiéval réside dans le donjon, incorporé aujourd'hui au château, de la demeure construite par Saint Louis au 13e siècle. A partir de là, les rois viennent régulièrement au château médiéval de Fontainebleau, Philippe IV le Bel y naît d'ailleurs en 1268, et Isabeau de Bavière y fit des travaux. C'est joli lieu pour la chasse et le bon air, près de Paris mais pas trop.

Au 16e siècle, François Ie arrive avec ses gros sabots, rase le château et fait construire une partie du château que l'on connaît aujourd'hui, dans le style Renaissance qu'il affectionne. Il aime venir à Fontainebleau pour la chasse, y collectionne des antiques et des œuvres de son temps, crée la bibliothèque nationale entre ses murs et reçoit des invités de marque comme le roi Jacques V d’Écosse, ou encore Charles Quint. A la visite de ce dernier, Ronsard créa quelques vers bien moqueurs : « Quand verrons-nous par tout Fontainebleau ; De chambre en chambre aller les mascarades... »

Vue du château au 17e siècle (Gallica)

Le château traverse les années, et les souverains aiment toujours y venir, et apportent leur petite touche. Henri II continue dans la veine de son père, par contre ses fils y viendront peu, préférant les châteaux de la Loire. Henri IV redonne vie à Fontainebleau en entamant de grands travaux, notamment dans les jardins avec la création du grand canal. Quant à Louis XIV, il aime venir à Fontainebleau, notamment à l'automne et apporter lui aussi sa touche, tout comme Louis XV (qui s'y marie en 1725) et Louis XVI.

Mais après François Ie, c'est Napoléon Ie qui fait revivre Fontainebleau, en le meublant à nouveau (une partie a été vendue sous la Révolution, une autre envolée par l'opération du Saint Esprit) et mène une vie de cour, il alterne avec les Tuileries. Il aime y travailler, mener de grandes décisions politiques et la cour impériale le suit. Mais après une suite de défaites, l'empereur est contraint d'abdiquer et signe le traité sans condition dans ce château (la table de la signature s'y trouve toujours). Le 20 avril 1814, sur l'escalier du Fer à Cheval, il fait des adieux bouleversant devant sa garde. D'ailleurs, durant son exil à Saint-Hélène, il se rappelle de ses souvenirs à Fontainebleau et écrit dans ses mémoires que c'est « la vraie demeure des rois, la maison des siècles ».

Adieu de Napoléon à la garde impériale, par Antoine Alphonse Montfort, d'après Horace Vernet

Sous la Monarchie de Juillet, Louis-Philippe Ie entreprend des travaux de restaurations, et remeuble l'intérieur. Il y marie son fils aîné, Ferdinand d'Orléans, avec la princesse Hélène de Mecklembourg. Puis le château vit une dernière période faste avec Napoléon III. Comme à Compiègne, la cour impériale s'installe à Fontainebleau et y fait construire un théâtre, pendant que l'impératrice Eugénie aménage un salon chinois, devenu aujourd'hui le musée Chinois.

Le château est consacré musée national en 1927 et a été classé plusieurs fois au titre des monuments historiques. D'ailleurs, le château et le parc sont inscrits depuis 2013 au patrimoine mondial de l'UNESCO. En 2012, plus de 450.000 personnes ont visité le château. Dont moi, plusieurs fois !

La visite du château


Les grands appartements


Ceux-ci sont en visite libre, c'est ce qui est compris dans le prix du billet, il s'y trouve aussi le musée Napoléon 1e et la chapelle de la Trinité. Après avoir monté les escaliers, on commence sur la gauche avec le musée Napoléon 1e. D'ailleurs dans la première salle, celui-ci nous accueille toute en modestie (sa grande qualité ! ) en costume de sacre, avec quelques vêtements du jour du sacrement le 18 mai 1804. Le musée se compose de plusieurs pièces en enfilade avec du mobilier, de la vaisselle ou des effets personnels de la famille impériale. J'aime particulièrement la reconstitution du campement de Napoléon mais aussi le berceau de son fils, Napoléon François, que l'on connaît surtout sous le nom de l'Aiglon ou du Roi de Rome. Même si je ne suis pas une grande spécialiste de l'Empire, je trouve cette période intéressante, tout comme la famille Bonaparte. D'ailleurs, dans la galerie qui termine ce musée, tous les membres de la famille, comme Hortense de Beauharnais et Joachim Murat, sont représentés dans de magnifiques portraits en pied.










Exceptionnellement, les appartements du Pape n'étaient pas ouverts à la visite, tout comme les appartements de Madame de Maintenon. Tant pis, le château regorge d'assez de pièces pour continuer la visite et en prendre pleins les yeux. On a pris un petit passage, avant d’atterrir dans le vestibule, juste derrière la porte d'entrée de l'escalier du fer à cheval. Et comme je disais plus haut, deux styles s'affrontent : à gauche, c'est l'étage noble de la chapelle de la Trinité, là où la famille royale assistait à la messe. Reconstruite par Henri II, poursuivie par Henri IV, elle ne fut terminée que sous Louis XIII, dans un style baroque. Mais nous y reviendrons à cette chapelle … On passe au cœur de la maison : la galerie. Tout en bois, en stuc et en fresque sur environ 60m de long, cette galerie est un véritable chef d’œuvre, témoin des prouesses passées. Voulue par François Ie, des fenêtres venaient illuminé la pièce des deux côtés (mais comme je vous ai dit, c'est un château de fou, et donc au 18e siècle, une autre galerie sera construite côté gauche, condamnant les fenêtres). On ne sait plus où regarder entre les F sculptés, les figures mythologiques en stuc, les fresques peintes à même le mur par Rosso Fiorentino, ou alors ce buste de François à la toute fin.

Mais tout est sublime. La salle de bal d'Henri II avec les peintures du Primatice à même le mur ; les escaliers somptueux ; les appartements des chasses ouverts exceptionnellement avec l'exposition sur Louis XV (où on apprend qu'ici a dormi Christian VII du Danemark, ok). La visite se poursuit avec la galerie de Diane, ou la magnifique bibliothèque que je rêve d'avoir ! J'aimerais tellement la parcourir, admirer les ouvrages conservés ici … Le cœur des châteaux résident dans le bibliothèques ♥















On continue sur la lancée des appartements royaux. Aux décors 17e siècle au tout début, notamment avec le salon Louis XIII en homme au roi né dans cette pièce le 27 septembre 1601, s'en suivent des décors 18e, puis premier empire, notamment le grand salon de l'impératrice. Mais le clou reste la chambre de l'impératrice, avec un lit de 1787 construit pour Marie-Antoinette (le cartel précise qu'elle n'a pas eu le temps de s'en servir … ). On peut y voir aussi une salle incroyable : au plafond les fleurs de lys royales témoignent qu'il s'agissait de la chambre à coucher du roi. Jusque là … Mais Napoléon Ie n'avait pas vraiment envie de dormir dans la même pièce que les souverains précédents, il a donc décidé d'en faire … sa salle du trône. Donc on peut admirer un magnifique trône d'empire et ces fleurs de lys au plafond ainsi qu'un portrait de Louis XIII au mur. Tout va bien.







On termine par la chapelle de la Trinité, dans la partie basse. Je la trouve sensationnelle, surtout les peintures au plafond avec cet effet de grandeur et d'horizon impressionnant. J'imagine très bien ici le mariage de Louis XV et Marie Lesczinska ou encore de Ferdinand d'Orléans avec Hélène de Mecklembourg. Petit détail amusant. Derrière l'autel sur la droite, se trouve la statue représentant Saint-Louis … sous les traits de Louis XIII !




Les petits appartements


Enfin, les portes des petits appartements se sont ouverts devant moi. Curieusement, après des tentatives pour cause de visites complètes, nous étions … 3. Peut être que nous avons fait peur aux gens, mais tant mieux ! Anciennement les appartements des bains de François Ie (où il conservait la Joconde ! ), ils furent détruits à la fin du 17e siècle pour devenir des appartements. On sait qu'ils logeaient les maîtresses de Louis XV, Mme de Pompadour puis Mme du Barry, et cela devint les appartements impériaux de Napoléon Ie et de ses épouses, Joséphine de Beauharnais puis Marie-Louise d'Autriche. On entre là dans l'intimité du couple, loin des apparats et de la vie de cour. Napoléon y travaillait, notamment dans sa bibliothèque (pardon pour la photo mais il faisait très sombre), mais on y menait une petite société, seulement pour les plus proches du couple.








C'était une visite très intéressante, avec un guide passionnant qui donnait des anecdotes à foison et des détails sur qui faisait quoi. Il a même sorti cette phrase « Si vous invitez Napoléon à dîner … » Merci monsieur le guide ! Les murs par contre sont en mauvais état, c'est triste de voir de si beaux lieux si mal entretenus. Heureusement, quelques restaurations sont en cours, comme dans le salon jaune où les tentures retrouvent une nouvelle jeunesse !

Les jardins


Il est toujours de bon ton de faire un tour dans les jardins. Il y en a trois : le jardin de Diane, le jardin à la française et un jardin à l'anglaise. Le jardin à la française, crée par Le Nôtre comme à peu près tous les grands châteaux au 17e siècle, n'est pas extraordinaire. Beau, oui, agréable certes, mais point de grande perspective comme à Vaux le Vicomte par exemple. Mais venir flâner là reste un grand plaisir.









J'aime toujours autant ce château et j'y retournerais sans doute, pour faire une autre visite guidée, espérer revoir les appartements fermés le jour de ma visite, ainsi que le musée chinois. Grosse déception d'ailleurs pour le musée chinois, maintenant en supplément dans la visite (contrairement à avant). Je ne suis pas à 3€ mais j'aurais aimé qu'on nous le propose en caisse, et pas se retrouver comme deux idiotes devant l'agent d'accueil qui nous l'a expliqué. Enfin tant pis, ce sera pour une prochaine fois ! Je vous conseille vraiment ce château magnifique, à voir et revoir, on s'émerveille toujours !
Place Charles de Gaulle
77300 Fontainebleau
Gratuit pour les -26 ans

Vous connaissez ce château ? Racontez moi votre visite dans les commentaires, et si vous avez des questions, n'hésitez pas non plus ! 

1 commentaire:

  1. Je n'ai encore jamais été visiter ce château. Il faut absolument que je le fasse !

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